LETTRE DE BALTHAZAR (18)
de Angra dos Reis (Sud de Rio) à Rio Grande do Sul
du Vendredi 22 Octobre 2010 au Dimanche 31/10/2010
Malgré un temps couvert le mouillage est superbe : une petite plage de sable blanc, des collines, certaines escarpées, couvertes d’une végétation tropicale dense et parsemées de bosquets de grands bambous tachetant la forêt de vert clair, trois habitations modestes à demi cachées dans les frondaisons en retrait de la plage, une barque tirée à terre, des pailles en queue planant dans le ciel, un cortège d’oisons nageant en file indienne derrière leur mère, le cri d’un paon perçant de temps à autre le silence de ce matin calme.
Nous sommes ce Dimanche matin 24 Octobre mouillés à l’Enseada du Sitio Forte, dans l’une des nombreuses petites baies protégées d’Ilha Grande, à une dizaine de milles de la marina Verolme, près d’Angra dos Reis, par 23°08’S et 44°18’W.
Débarqués avec le Bombard AX3 (annexe neuve de secours du zodiac pour l’Antarctique que je voulais tester et qui est impeccable) une promenade d’une petite heure sur un bon sentier longeant la côte et bordé d’espèces variées de fougères tropicales nous conduit à la baie voisine sous les bambous, flamboyants, jaracandas, manguiers et autres arbres que je ne sais nommer mais que j’ai bien observé en Guyane. Quelques beaux oiseaux multicolores (ce ne sont pas des Papagaïs) s’enfuyant dans les arbres en criant animent cette végétation.
La baie d’Ilha Grande, petite mer intérieure parsemée d’îles préservées et entourée d’un beau relief volcanique, ne dément pas sa réputation.
Au retour nous savourons une caïpirinha et de délicieuses crevettes grillées, huilées et aillées à point dignes des crevettes guyanaise de chez Tintin à Sinnamary (ancien haut lieu de la cuisine créole en Guyane), sous une petite paillote cachée au bord de la baie.
Un colibri délicat aspire en vol stationnaire une fleur d’Ibiscus à moins d’un mètre de notre table.
Claude (Laurendeau), alias le Prince de Port Miou, très bon marin lorsqu’il n’est pas suspendu à son baudrier d’escalade à quelque paroi des Calanques ou d’Ailefroide, baudrier que Pierre (Dubos) a définitivement rebaptisé son porte jarretelles, outil qu’il ne quitte pas à bord de Balthazar, toujours agité (on l’appelle aussi Boulégan comme son bateau), et toujours prêt à la manœuvre jour et nuit bien qu’il fêtera l’an prochain ses 80 berges, incontrôlable sauf par Dadou son épouse qui seule sait par sa finesse, son calme et sa délicatesse encadrer ses exubérances, ce fameux Claude donc ne résiste pas, dans un sabir mélangeant l’italien, l’espagnol, le portugais et le marseillais à baratiner la jolie serveuse brésilienne. Un extrait : « hemos visto que la caça de los animaïs es prohibido, es la caça de mujeres autorizada ? » La petite brésilienne éclate de rire et acquiesce quand nous lui disons qu’elle habite au Paraïso. Voilà une halte délicieuse et reposante que nous savourons après le gros travail de ces dernières 48 heures comme nous allons le voir.
De retour de Paris, ses embouteillages et ses grèves, avec Claude Carrière nous avions en effet retrouvé Jeudi soir dernier Boulégan sur le bateau et allions dormir dans une petite pousada très simple mais propre, au bord de l’eau, cette marina bien gérée et gardée n’autorisant pas l’accès au bateau sur la zone technique la nuit, comme nous le rappelle poliment le garde accouru. Dès Vendredi matin nous remettons Balthazar à l’eau après un carénage impeccable, la vidange, les rinçages (4) au gasoil filtré, l’essuyage et le séchage du grand réservoir (1300L) dont toutes les trappes avaient été ouvertes, le soufflage des tuyauteries, le démontage des T de connexion et de la vanne trois voies permettant de commuter les deux filtres décanteurs en parallèle. Après la panne de moteur survenue dans les jours précédant notre arrivée ici l’hypothèse de développement de bactéries est confirmée : les deux jeunes mécanos brésiliens, très compétents et sérieux, me montraient les petits tas de filaments d’environ 2cm de long parsemant le fond du réservoir. Ils extrayaient des connexions en T (permettant d’alimenter le moteur ou le groupe soit par leurs tubes plongeurs respectifs, soit par le réservoir en charge de 70L alimenté par le circuit de retour des injecteurs du moteur et du groupe) des petits boudins d’environ 6 cm de longueur au diamètre du tuyau. La vanne trois voies était également partiellement obstruée. Voilà pourquoi le gasoil n’arrivait plus aux filtres décanteurs, encore moins au filtre fin du moteur et du groupe. Un navigateur solitaire sur un voilier en alu de 15m, Marc Chocat, ami que nous avons rencontré à Fernando de Noronha et qui nous a accompagné à Jacaré, avec qui je suis resté en contact (il est maintenant près de Montevideo et nous le retrouverons sans doute en Antarctique) m’informait hier qu’il avait eu le même problème et qu’il venait d’effectuer deux nettoyages/soufflages de ses circuits de gasoil. Il va falloir, en suivant les recommandations de Maurice et de Klaus (Kroemer) qui ont eu l’expérience du séjour en pays chaud à Kourou, que je renforce les précautions (réservoir plein à ras bord pour éviter la rentrée d’humidité et d’eau par respiration du réservoir vide, dose lourde d’antibactérien) quand je laisse, comme cet été, Balthazar dans les eaux chaudes pendant quelques mois.
Pendant mon absence de quelques jours Boulégan a bien travaillé : remplacement du chandelier précédemment plié lors d’un empannage intempestif, mise en place de nouvelles retenues de bôme mieux placées pour éviter que cet incident ne se reproduise, dépose et remplacement du hale bas rigide bruyant et peu efficace par un hale bas en spectra, remplacement des coussinets en téflon du panneau de descente qui avaient été abîmés lors du cambriolage de Praia, bricolages divers (Boulégan est le roi des bouts en tous genres, des lusins et autres travaux de couture : on l’appelle le Bosco et ce qualificatif semble lui plaire. Il trouve ma trousse de voilier trop maigre et me demande d’approvisionner poinçons, alènes en tous genres, longues tiges passantes pour les épissures de manœuvres dont la gaîne est tressée,…Ce sera son cadeau de Noël).
Vendredi nous avions remis le bateau à l’eau, fait les pleins d’eau et de gasoil, remis en route avec plaisir au quart de tour le moteur et le groupe satisfaits de recevoir à nouveau du gasoil, fait un grand lavage du pont, fourbi et passivé les mousquetons inox des différentes manœuvres, effectué les compléments de niveau huile et liquide de refroidissement du moteur et du groupe, fait remplacer par des neuves les deux batteries de démarrage du moteur qui ne tenaient plus correctement la charge, d’autres bricolages de remise en route et nettoyage enfin.
Nous profitons du calme de ce mouillage que nous avons du mal à quitter pour mettre en place et essayer la bosse du quatrième ris dont j’avais fait mettre l’accastillage et les cosses renforcées lors de la confection de la grand’voile et de la construction du mât en prévision du gros temps du Grand Sud ; la grand’voile au quatrième ris remplacera la voile tempête très difficile à gréer par gros temps. Nous testons aussi le chauffage qui démarre et fonctionne sans aucune anomalie pendant environ une demi-heure, confirmant ainsi que le réservoir en charge qui l’alimente n’a pas été colonisé par les bactéries (il est toujours plein et ne peut pratiquement pas absorber, par respiration à travers la mise à l’air libre, de l’eau dans son gasoil nécessaire à leur prolifération).
En début d’après midi enfin nous dérapons l’ancre à regret pour nous rendre 25 milles plus loin, à travers la baie d’Ilha Grande, à la Baìa de Parati.
Parati est une des plus anciennes villes du Brésil. C’était jadis le port principal d’expédition de l’or et surtout le port principal d’arrivée des malheureux esclaves qui avaient survécu aux conditions effrayantes auxquelles ils étaient soumises durant les traversées depuis les côtes africaines sur les trois mâts à voiles de l’époque, entassés, enchaînés et malades pour la plupart, hommes, femmes, enfants, comme du bétail à fond de cale dans une saleté et une puanteur indescriptible ! Bravo l’Eglise catholique, apostolique et romaine qui, pour maintenir son pouvoir en couvrant et régularisant cet esclavage odieux, totalement opposé à l’enseignement du Christ prêchant d’abord l’égalité et la dignité humaine, a inventé le concept suivant lequel les esclaves n’avaient pas d’âme : la contradiction monstrueuse était résolue et le tour était joué !
Le quartier historique est constitué par des petites rues perpendiculaires pavées de très gros cailloux de l’époque qu’on ne peut qualifier de pavés tant ils sont gros et grossiers, mettant à mal les chevilles et les vélos, bordées de jolies maisons colorées à un étage parfaitement restaurées surmontées de toits en tuiles, débordant par ce que nous appellerions chez nous des génoises. Une belle et large place plantée d’arbres tropicaux, dont des manguiers et des arbres aux multiples racines apparentes, met en valeur l’église de la Matriz (Mère), cathédrale baroque et également colorée de la ville.
Des carrioles à cheval transportent des marchandises diverses mais surtout des touristes brésiliens durant cette période de basse saison.
Après avoir savouré la caïpirinha traditionnelle et mangé un plat simple dans une de ces maisons pleines de charme, au rez-de-chaussée habillé de bois comme le mobilier dans une sorte de saloon, et effectué quelques courses, nous rentrons avec plaisir passer une soirée reposante et musicale à bord.
Mardi 20 Octobre, 7h30 du matin. Le mouillage est encore silencieux et le soleil qui se lève éclaire de ses rayons roses la ville, la baie et les îles boisées qui nous entourent. Nous voilà en train de verser des seaux d’eau de mer en manipulant le faubert pour débarrasser la chaîne et l’ancre des kilos de boue gluante qu’elles remontent : un marin ça doit tout faire ! La sortie de la baie au milieu des îles est magnifique et les bateaux de pêche brésiliens que nous doublons nous saluent. Nous revoilà au large cap au SSE au près dans une brise de force 4/5.
Tout à coup le cliquetis accéléré du moulinet nous réveille de notre somnolence après un bon déjeuner. Je crie le signal convenu : « Départ ! » et me précipite pour choquer les écoutes et soulager, en réduisant la vitesse, la canne fortement courbée et sa ligne que Boulégan avait déployée il y a moins d’une heure. Celui-ci s’active et se fatigue autant que la bête qui se bat, tire des bords et fait toutes sortes de zigzags et sauts au-dessus de l’eau pour essayer de s’arracher du fil mortel qui la tracte par la gueule. Au bout d’une bonne dizaine de minutes de ce combat je le remplace au moulinet alors que Claude met son porte-jarretelles et descend attaché au bord de la plage arrière muni d’un croc pendant que je lui amène progressivement la bête qui fait des sauts toujours plus puissants. Au troisième coup elle est crochetée et Boulégan hisse hors de l’eau sur la plage arrière une superbe dorade coryphène de près d’un mètre de longueur,pesant plus de 10 kg, aux couleurs vertes et jaunes chatoyantes. Deux coups de manivelle de winch sur la tête, un nœud coulant attaché à la queue et voilà la bête suspendue au bras triomphant de Boulégan qui, infatigable, s’affaire immédiatement à lui couper la tête, la vider et la découper en gros morceaux.
Le soir un sushi absolument délicieux, accompagné d’un petit verre de Rhum, fête cette belle prise et la bravitude (sic) de Boulégan. Voilà le congélateur rempli de 6 ou 7 kilos de poisson frais à la chair fine. Moi qui suit un carnassier, réticent au poisson, j’avoue me régaler le lendemain de tranches en papillotes cuites au four comme Anne-Marie m’a appris : un filet d’huile d’olives, une fine tranche de citron, un peu de gros sel, des baies roses et au four 15 mn. Avec des pommes de terre vapeur c’est oun régal !
Jeudi 28 Octobre, 0h50 par 25°58’S et 45°49’O. La nuit est magnifique ; à la fin de mon quart le vent qui nous a permis de faire du Sud au près serré nous abandonne. La mer devient d’huile et la risée Perkins est appelée à la rescousse. Il faut bien avouer qu’après deux jours de prés serré et gîté retrouver le calme et l’horizontale délasse agréablement les marins les plus endurcis.
Au matin la pétole est bien installée ainsi qu’un beau soleil. Il nous faut attendre la soirée pour que le vent rentre : à envoyer le génois. Les fichiers gribs de la NOAA nous annoncent un vent portant demain et après-demain forçissant progressivement force 6 puis 7 ainsi qu’une sérieuse dépression avec vents de 40 à 50 nœuds à l’embouchure de la Plata pour le jour estimé de notre arrivée Dimanche 31 Octobre à Rio Grande do Sul. Vamos a ver ! En attendant Claude C photographie sur l’écran le météore rougeoyant (les cartes météo apparaissent à l’écran avec les isobares et les barbules donnant la force et la direction du vent à chaque endroit de la zone sélectionnée, avec un code de couleur soulignant la situation allant par dégradés du bleu sombre pour la pétole, bleu clair pour le petit temps, passant par le vert pour les brises moyennes, virant à l’orange pour les brises fraîches jusqu’au rouge foncé pour le baston) doté d’isobares presque parfaitement circulaires entourant un œil calme.
Vendredi 29 Octobre 14h40 par 29°43’S et 48°33’O. Le vent a fraîchi comme prévu et le baromètre est descendu de plus de 3 millibars en 5h annonçant l’approche de la dépression. BALTHAZAR file maintenant vent arrière sous génois seul par force 6. L’allure est rapide, dérive à demi baissée, et nous sommes parés pour recevoir du vent plus fort demain.
Samedi 30 Octobre par 30°55’S et 49°44’O 3h30. Dans la boucaille la blancheur et la phosphorescence des crêtes des lames proches attirent notre regard inquisiteur. Dans la nuit noire BALTHAZAR file vent arrière sous génois seul, à 8 ou 9 nœuds suivant les variations du vent d’ENE établi maintenant à force 7, conformément à la prévision météo, bien calé sur sa trajectoire par ses double safrans. Par cette visibilité réduite l’homme de quart commute toutes les 10 minutes environ l’écran cartographique sur le radar en veille et met en route le balayage. Les cercles rouges marquant les différentes distances apparaissent, plus ou moins espacés suivant la portée choisie entre 1 et 24 milles. Au centre de l’écran les échos parasites des vagues entourent le bateau d’une nuée variable de tâches vertes. De gros échos permanents rouges nous indiquent trois gros bateaux qui nous entourent, avec leur distance, la trace de leur route relative et leur vitesse relative. Le symbole AIS superposé à l’écho nous renseigne sur sa taille, son cap, sa vitesse absolue, la distance la plus proche à laquelle nous nous croiserons et dans combien de temps. Notre transpondeur radar nous prévient par sa lumière rouge clignotante et son alarme sonore que des radars rôdent et à leur tour nous scrutent. Nous leur renvoyons par cet Activ’Echo un écho radar amplifié renforçant notre image sur leur écran.
Nos oreilles et nos yeux électroniques sont aux aguets, d’autant plus que les côtes approchent, nous n’en sommes plus séparés que d’une quarantaine de milles, signalées par la remontée des fonds et l’accrochage du sondeur. Mais tout cela n’empêche pas l’homme de quart de monter toutes les 10 minutes environ faire un tour d’horizon car tous les bateaux et tous les objets flottants n’ont pas forcément des radars et des AIS ni des échos radars suffisants. Le danger en particulier ici est de rencontrer inopinément des tapouilles brésiliennes, modestes et rustiques bateaux de pêche ou de transport, bas sur l’eau et dont la coque en bois ne renvoie pas d’écho radar. Oui nos yeux sont encore irremplaçables ! Mais il est peu probable pour l’instant qu’elles se risquent si au large par grand frais.
Pendant que j’écris ces lignes la vitesse monte à 9,5 nœuds, çà pulse comme dirait Pierre (Dubos) et je dois commuter du pilote hydraulique Furuno au pilote électrique Raymarine plus gourmand en électricité mais plus rapide pour contrer les embardées induites par les lames et tenir une trajectoire plus précise ; c’est nécessaire pour marcher très près du vent arrière, comme nous l’impose notre route sans faire claquer durement le génois si on approche du changement d’amure (le vent soufflant alors sur l’autre bord pendant la durée de l’embardée).
Contrairement aux apparences confortables l’allure du vent arrière par grand frais nécessite une attention de tous les instants et une adaptation permanente de la trajectoire aux variations du vent et de la houle.
L’étroit chenal d’entrée de l’immense lagune (son cordon littoral fait près de 100 milles de long) qui remonte jusqu’à Porto Allegre au Nord, entrée que contrôle le grand port industriel de Rio Grande n’est plus qu’à 129 milles et à ce train là nous devrions l’embouquer au milieu de la nuit prochaine.
Au petit matin le baromètre stoppe sa chute et se stabilise, le vent tourne progressivement au NNE et faiblit : nous remettons toute la toile sauf un ris conservé par précaution dans la grand’voile et la prévision météo favorable semblant confirmée par les faits nous nous installons à table pour un bon déjeuner. C’est toujours au moment du déjeuner, vous l’avez sûrement remarqué, qu’il se passe quelque chose. Effectivement un claquement brutal du génois immédiatement partant à contre, une gifle magistrale et une gîte au-delà du raisonnable nous font ruer dehors dans un bruit de vaisselle et casseroles qui s’envolent pour reprendre en main Balthazar surtoilé, l’eau près des hiloires, dans ce grain violent qui nous a surpris comme des bleus. Sans faire de détails nous remplaçons le génois par le solent partiellement roulé et mettons la voile au bas ris (lors de l’essai de l’installation et du test de ce quatrième ris l’autre jour Boulégan a mis judicieusement en place une bosse supplémentaire au point d’amure permettant de faire descendre rapidement la grand’voile malgré ses battements furieux et de prendre en même temps directement le ris à l’avant sur cette bosse passant dans une poulie frappée dans la sangle du point d’amure du quatrième ris. C’est effectivement très efficace quand çà bastonne).
Après le passage du grain la grand’voile passe au deuxième ris et revoilà Balthazar tirant des bords vent de bout à une cinquantaine de milles de Rio Grande. Le temps s’est complètement levé sans un nuage et nous assistons à un magnifique coucher de soleil dans un poudroiement rouge orangé évoquant les couchers de soleil de soir de Mistral en Méditerranée. La météo annonçant un renforcement du vent de SO demain (nous aurons effectivement plus de quarante nœuds demain à l’abri dans le vieux port de Rio Grande, soit très certainement un bon cinquante nœuds au large) je décide de ne pas traîner et d’accélérer notre marche au moteur tant que le vent de bout est maniable. A l’approche de la côte la mer s’aplatit progressivement et nous finissons par embouquer en fin de nuit le large chenal d’entrée du grand port industriel de Rio Grande, chenal très bien balisé par des feux. Le jour se lève, par grand beau temps mais vent fraîchissant comme annoncé, pendant que nous remontons ce long chenal d’entrée de la lagune de Porto Allegre, chenal bordé le long des quais rive droite de cargos divers, porte conteneurs, minéraliers, pétroliers de plusieurs nationalités. Au déboucher dans la lagune sur bâbord nous découvrons la ville de Rio Grande et son vieux port rempli d’une quantité impressionnante de chalutiers comme on n’en voit plus sur nos côtes ; un peu plus loin devant un bosquet et des frondaisons le petit ponton du Museu Oceanografico de Rio Grande nous accueille (gratuitement) dans une ambiance intime.
A 8heures ce Dimanche matin 31 Octobre nous nous y installons à couple d’un voilier de course argentin et y tournons nos amarres.
aux équipier(e)s, parents et ami(e)s qui ont la gentillesse de s’intéresser à nos aventures marines.
équipage de Balthazar: Jean-Pierre d’Allest, Claude Laurendeau, Claude Carrière.
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Expédié (avec retard pour cause de sortie rapide de l'eau, lancement des travaux de carénage et nettoyage du réservoir et des durites du moteur...) de la Marina Verolme, près la ville d'Angra dos Reis, 60 milles au SW de Rio par 22°59',9S et 44°14',9W le Vendredi 15/10/2010.
aux équipier(e)s, parents et ami(e)s qui ont la gentillesse de s’intéresser à nos aventures marines.
équipage de Balthazar: Jean-Pierre d’Allest, Claude Laurendeau, Bertrand Duzan.